Pas de doutes, sport et tradition font
bon ménage. Les 22 équipages ne se sont pas ménagés, la
motivation à figurer en bonne place était bien là.
Un départ tonique de toute beauté
A Douarnenez, le ton était d’entrée donné : le départ, prévu
initialement le 17 août, a été reporté de 48 heures pour
cause de tempête et surtout de forte houle annoncée. Le
départ était finalement donné de l’Abeille Bourbon le 19
août. La houle de deux mètres et le vent d’ouest à 25 nœuds
étaient au rendez-vous dans la baie de Douarnenez. Aux dires
de beaucoup de spectateurs, c’était le plus beau départ
qu’ils n’aient jamais vu, les images en témoignent.
Une heure après le départ, Lady Mone annonce son retour au
port, une avarie de barre ne lui permettra pas de poursuivre
la course.
Tactique et vitesse folle dans
golfe de Gascogne
24 heures après le départ, le vent est aux abonnés absents.
Tandis qu’une partie de la flotte choisit de partir vers
l’ouest, la majorité des bateaux prend la route directe.
Faioaohe est en tête de flotte. L’équipage de Kallinira a
constaté une voie d’eau et fait route sur la Trinité sur
Mer.
Trois jours après le départ, les anémomètres affichent des
eccès de vitesse au vent arrière, les surfs sont au
programme et la lutte est à son apogée. Personne ne lâche
rien. Pazienza est alors en tête de la flotte.
Cruinneag a rompu son bout-dehors et rentre à Douarnenez
pour réparer. Ce dernier ne pourra participer à l’étape car
son mât a subi des dégâts consécutivement à son avarie.
Passage du Cap Finisterre
Quatre jours après le départ, les premiers bateaux passent
le Cap Finisterre, la flotte est étalée sur 300 milles. Pour
la tête de la flotte, la mer est formée, les vents sont
forts et portants, les avaries sont nombreuses et le couloir
des côtes de la péninsule Ibérique laissera peu de répit aux
marins. Chacun s’accroche. Un peu plus en arrière, les
calmes sont de mise.
A la hauteur de Gibraltar, le Britannique Pazienza reprend
la tête de la flotte, tandis que Moonspray, privé de
grand-voile, annonce un arrêt à Cascais, au Portugal.
Train d’enfer le long des côtes
marocaines
Des pointes à 45 nœuds, toujours au portant ! « Imaginez un
38 tonnes traversant la France à 150 km/heure et vous avez
une petite idée de la situation », annonce l’équipage de
Stiren lors de son approche d’Agadir, ajoutant « C’était
physique, éreintant pour les barreurs qui, de fait, se
relaient assez souvent. C'était particulièrement difficile
en début de nuit lorsque la lune n’était pas encore levée,
la nuit est très noire et il devient difficile de voir les
trous qui se formes devant l'étrave ».
En pleine nuit, au large de Essaouira, la bôme de Pazienza
se rompt. Très déçu, l’équipage a fait preuve d’un grand
sens marin, tout s’est organisé à bord.
Une longue attente à Agadir
A l’approche d’Agadir, les vents sont tombés. Pazienza,
attendu le 27 août au matin n’a franchi la ligne qu’à la
nuit tombée. Ce sera également le lot de Stiren et de
l’ensemble des concurrents, Agadir se fait désirer, il faut
attendre près de 17 heures pour enfin franchir la ligne.
Pazienza arrive enfin le 27 août à 22h 52’ 27 ‘’, Stiren
franchit la ligne deux heures plus tard. Faiaoahe et Corto
arrivent le lendemain matin.
Pazienza aura fait la première étape en 7j 09h 22min 27s, à
une moyenne de 6,5 nœuds.
Les arrivées se sont échelonnées sur trois jours, les
derniers concurrents, Lamnidée et Kallinira, ont franchi la
ligne trois jours plus tard et 5 jours pour Helena 1913, le
plus ancien bateau de la flotte.